Google Wallet est un portefeuille numérique de Google qui remplace le portefeuille physique : il stocke les cartes bancaires, les cartes d’embarquement, les billets d’événements, les coupons et les cartes de fidélité. Au cœur de son fonctionnement se trouve la tokenisation des données de paiement : le numéro de carte est remplacé par un jeton numérique unique sans révéler les informations réelles au marchand. Selon le Google Security Blog (2025), la technologie Hardware Attestation et l’environnement isolé Trusted Execution Environment offrent une protection au niveau de la puce.
Points clés
Google Wallet est une application mobile et une plateforme pour stocker et utiliser des versions numériques de cartes de paiement, passes de transport, cartes d’embarquement, cartes d’étudiant, clés de voiture et cartes de fidélité. Lancé en 2011 sous le nom de Google Wallet, le service a connu plusieurs changements de marque jusqu’à ce qu’en 2022 Google ramène le nom Wallet, combinant les fonctionnalités de Google Pay et du Wallet d’origine.
La plateforme est disponible sur les appareils Android et Wear OS, ainsi que via une interface web. En 2024, Google a étendu la prise en charge à iOS via les applications Google. La philosophie de Wallet consiste à remplacer le portefeuille physique par un équivalent numérique : l’utilisateur charge les cartes et documents dans l’application et les utilise en approchant le téléphone d’un terminal NFC.
L’utilisateur peut ajouter jusqu’à 20 cartes de paiement et un nombre illimité de cartes de transport et de billets d’événements. Pour chaque carte, un jeton distinct lié à l’appareil est créé. Lors du paiement, le terminal reçoit non pas le numéro de carte réel, mais un code numérique à usage unique. Si le téléphone est perdu, tous les jetons sont invalidés à distance via le service Find My Device.
En plus des paiements, Wallet prend en charge les clés de voiture numériques pour BMW, Hyundai, Volvo et d’autres marques. L’utilisateur ouvre et démarre la voiture en approchant le téléphone de la poignée de porte. En 2025, Google a annoncé la prise en charge des pièces d’identité numériques dans certains États américains.
Début 2026, Google Wallet est disponible dans 90 pays dans le monde. La prise en charge des paiements sans contact fonctionne dans 80 pays, les billets de transport dans 35 et les pièces d’identité numériques dans 4. Les plus grands marchés sont les États-Unis, l’Inde, le Japon, le Royaume-Uni, l’Allemagne et le Brésil. Le service n’est pas disponible en Russie depuis 2022.
Techniquement, Google Wallet utilise deux mécanismes clés : la tokenisation des données de paiement et le protocole NFC pour transmettre le jeton au terminal. La tokenisation garantit que le PAN (Primary Account Number) réel de la carte bancaire ne quitte jamais l’appareil. Au lieu de cela, le système de paiement émet un Device Account Number : un numéro virtuel lié au téléphone spécifique.
Lorsque l’utilisateur approche le téléphone du terminal, le contrôleur NFC (généralement intégré dans le chipset Qualcomm ou MediaTek) crée un canal sécurisé avec le terminal de paiement. Via ce canal, un cryptogramme est transmis : un code dynamique généré à partir du jeton, de l’heure et d’un numéro de transaction unique. Le marchand ne voit que le cryptogramme, pas les données de la carte.
TEE (Trusted Execution Environment) est une zone isolée à l’intérieur du processeur qui fonctionne en parallèle avec le système d’exploitation Android principal. Même si le système d’exploitation est compromis, les données dans le TEE restent protégées. Google Wallet stocke les jetons exclusivement dans le TEE. Les opérations de signature de transaction sont effectuées dans cet environnement isolé : ni l’application Wallet ni les processus tiers n’y ont un accès direct.
Pour une protection supplémentaire, Hardware Attestation est utilisé : un mécanisme par lequel la puce du téléphone prouve aux serveurs de Google que l’appareil n’est pas rooté, que le chargeur d’amorçage n’est pas déverrouillé et que le TEE n’a pas été modifié. Si la vérification échoue, les fonctions de paiement sont bloquées.
L’ajout d’une nouvelle carte de paiement à Google Wallet implique plusieurs étapes de vérification. Après avoir saisi manuellement le numéro de carte ou l’avoir scanné via la caméra, l’application envoie les données à la passerelle de paiement Google. La banque émettrice reçoit une demande de tokenisation via Visa Token Service (VTS) ou Mastercard Digital Enablement Service (MDES). La banque vérifie le CVV et le code 3DS, puis émet un Device Account Number. Ce numéro est écrit dans le TEE du téléphone. L’ensemble du processus prend 30 à 60 secondes.
Google Wallet a dépassé le rôle d’une simple application de paiement et est devenu un écosystème de documents numériques. Voici les principales catégories d’éléments pouvant être stockés dans le portefeuille.
Chaque élément a son propre type Object dans Passes API : LoyaltyObject, OfferObject, GiftCardObject, TransitObject, EventTicketObject et FlightObject. Chaque objet contient des champs pour le nom, le logo, le code-barres, la date d’expiration et des informations supplémentaires.
Sur les montres Wear OS, Google Wallet fonctionne de manière autonome : la montre a sa propre antenne NFC et peut effectuer des paiements sans être connectée au téléphone. Pour cela, les cartes sont copiées dans le TEE de la montre via une connexion Bluetooth. Il suffit d’appuyer deux fois sur le bouton d’alimentation : Wallet s’ouvre et vous pouvez approcher la montre du terminal. Les billets de transport et les cartes de fidélité sont également pris en charge.
La fonction de clé numérique utilise le protocole UWB (Ultra-Wideband) pour déterminer avec précision la distance jusqu’à la voiture. Un téléphone avec une puce UWB (par exemple, Pixel 9 Pro ou Samsung Galaxy S25) peut ouvrir la porte sans être sorti de la poche : il suffit de s’approcher. La clé peut être partagée avec un autre utilisateur de Wallet via Google Messages pour une durée limitée.
Passes API est une API REST de Google qui permet aux développeurs de créer, mettre à jour et livrer des passes numériques dans Google Wallet des utilisateurs. L’API prend en charge le format de requête JSON et l’authentification via OAuth 2.0. Le développeur peut créer des objets par programmation et les envoyer sur l’appareil d’un utilisateur spécifique via un lien ou une notification push.
{
"id": "33880000000000001",
"classId": "IT_SECTR_LOYALTY_CLASS",
"state": "ACTIVE",
"barcode": {
"type": "QR_CODE",
"value": "ITSECTR2026"
},
"loyaltyPoints": { "balance": { "int": 350 } }
}
Dans l’exemple, une carte de fidélité avec un code QR et un solde de 350 points est créée. L’objet contient une référence à la classe IT_SECTR_LOYALTY_CLASS, où les paramètres visuels sont définis : couleurs, logo, texte. La classe est créée une fois, les objets pour chaque utilisateur. Cette approche économise les requêtes API et permet de mettre à jour en masse le design de toutes les cartes.
L’API fournit des méthodes pour créer des classes et des objets, les mettre à jour, obtenir une liste et les supprimer. Les requêtes sont envoyées à l’URL de base https://walletobjects.googleapis.com/walletobjects/v1. L’authentification se fait via un compte de service Google Cloud avec le rôle Editor. Le jeton d’accès est demandé via OAuth 2.0 avec le champ d’application https://www.googleapis.com/auth/wallet_object.issuer.
Chaque objet envoyé au portefeuille fait l’objet d’une modération Google : vérification de la conformité aux règles de la marque, absence de spam et exactitude du code-barres. Le logo doit avoir une résolution minimale de 300x300 px, le texte doit tenir dans la zone d’affichage sur l’écran du téléphone. Le temps d’examen moyen est de 1 à 2 jours ouvrables.
La sécurité de Google Wallet repose sur trois niveaux : protection matérielle (TEE, Hardware Attestation), protection réseau (TLS 1.3, tokenisation) et contrôle utilisateur (biométrie, Find My Device, effacement à distance). Chaque niveau couvre un vecteur d’attaque spécifique, de l’accès physique à l’appareil à l’interception des données dans les réseaux de paiement.
Selon le rapport du Google Security Blog (2025), aucun cas de compromission des données de paiement stockées dans le TEE n’a été enregistré depuis 2022. Tous les incidents de sécurité concernaient des attaques de phishing, où les utilisateurs eux-mêmes ont saisi des données de carte sur des sites web falsifiés. Pour lutter contre le phishing, Google a introduit des avertissements contextuels dans l’application.
Si le téléphone est perdu ou volé, le propriétaire peut se rendre sur le site Find My Device et sélectionner l’option « Effacer les données ». Après cela, tous les jetons dans le TEE sont invalidés : les terminaux de paiement rejetteront les transactions de cet appareil. De plus, Google révoque le certificat Hardware Attestation de la puce spécifique, de sorte que même une réinitialisation d’usine ne restaurera pas les fonctions de paiement sur cet appareil.
Google ne stocke pas l’historique des transactions dans Wallet. Chaque transaction est traitée par la banque émettrice, et Google agit uniquement comme une couche de transport. La localisation de l’appareil n’est pas transmise au marchand : le terminal reçoit uniquement le jeton et le cryptogramme. L’exception concerne les billets de transport, où la station d’entrée/de sortie est enregistrée pour le calcul du tarif.
Après le changement de marque en 2022, de nombreux utilisateurs sont encore confus quant à la différence entre Google Wallet et Google Pay. La réponse courte : Wallet est l’application (interface utilisateur + stockage), Google Pay est la couche technologique (API + tokenisation + passerelle de paiement NFC). Google Pay en tant que marque a survécu en Inde et à Singapour, où il fonctionne comme un système de paiement P2P via le protocole UPI.
| Aspect | Google Wallet | Google Pay |
|---|---|---|
| Rôle | Application de portefeuille pour l’utilisateur | Passerelle de paiement et API |
| Fonctions | Cartes, billets, clés, fidélité | Paiements NFC uniquement |
| Disponibilité | 90 pays | Inde, Singapour |
| Transferts P2P | Non | Oui (UPI en Inde) |
En pratique, pour les utilisateurs hors d’Inde, tout se résume à une chose : ouvrez Google Wallet, approchez le téléphone du terminal : le paiement s’effectue via la technologie Google Pay, mais vous ne voyez que l’interface Wallet. Pour les développeurs, l’intégration des paiements se fait via Google Pay API (intégré au SDK Google Wallet), et la gestion des passes via Passes API séparée.
Foire aux questions
Oui, pour les paiements NFC, Internet n’est pas nécessaire : les jetons sont stockés localement dans le TEE de l’appareil. L’accès en ligne n’est requis que pour ajouter de nouvelles cartes et mettre à jour les billets.
La limite est de 20 cartes de paiement maximum par appareil. Le nombre d’éléments non financiers (billets, cartes de fidélité, passes) est illimité.
Oui, sur les montres Wear OS, Google Wallet fonctionne de manière complètement autonome via sa propre antenne NFC, sans connexion au téléphone.
Vous pouvez saisir le numéro de carte manuellement dans le champ de saisie. L’application demandera la date d’expiration, le CVV et le nom du titulaire, puis lancera le processus de tokenisation.
Après une réinitialisation d’usine, tous les jetons dans le TEE sont invalidés. Les cartes doivent être ajoutées à nouveau via l’application Wallet : Google les restaurera à partir du profil cloud.
Résumé
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